Objectif idéal Vs réalité : Et si nous écoutions vraiment nos chiens?
Ces derniers temps, j’ai rencontré plusieurs personnes animées par un désir très précis en adoptant leur chien :
-> pratiquer la médiation animale, l'amener régulièrement en classe, ou tout simplement avoir un compagnon ultra-sociable que n'importe qui peut caresser.

Malheureusement, dans la majorité de ces cas, la déception a rapidement pris le dessus. L'objectif de départ s'est effondré face à la réalité : un chien peu sociable, très énergique ou présentant des difficultés comportementales qui le rendent inadapté à ces contextes précis.
Face à ces situations, je propose souvent de prendre le problème à l'envers:
Faut-il adopter un chien pour accomplir un projet précis ? Ou faut-il plutôt observer le chien que nous avons à nos côtés pour voir si notre projet est réalisable ?
Chaque chien possède son propre tempérament. Certains adorent naturellement tous les humains et recherchent le contact physique avec n'importe qui. D'autres vouent une affection profonde à leur maître, mais n'apprécient pas particulièrement être sollicités par des inconnus.
Est-ce pour autant un défaut ?
Où commence et où s'arrête le consentement chez le chien ?

Chez les humains, nous dénonçons souvent le fait de vouloir faire rentrer tout le monde dans les mêmes moules sociétaux.
Ceux qui n'y rentrent pas sont-ils "mauvais" pour autant ?
Pourquoi ne pas appliquer cette même réflexion à nos amis à quatre pattes ?
Nos attentes vis-à-vis de nos chiens sont grandes. Nous leur demandons de modifier leur nature profonde pour s'adapter à notre rythme de vie :
-> ne pas chasser, ne pas aboyer, être aimables avec tout le monde... tout en espérant qu'ils gardent un peu la maison à l'occasion !
Nous voulons qu'ils soient patients, discrets, voire invisibles, qu'ils nous attendent sagement 10 heures par jour, mais qu'ils ne nous sollicitent pas trop à notre retour parce que nous sommes fatigués.
N'avons-nous pas tendance à oublier qui ils sont vraiment ?
Leur individualité et leur caractère propre font pourtant toute leur richesse, si l'on prend le temps de les observer et de les comprendre.
En tant qu'humains, nous avons des envies et des attentes. Nous sommes parfois persuadés qu'adopter un chien viendra compléter le tableau parfait que nous nous sommes imaginé.
En éducation canine, nous travaillons à modifier les comportements gênants, mais nous nous attardons aussi sur les émotions du chien pour qu'il se sente mieux dans un monde qui peut parfois l'effrayer.
Le point commun derrière toutes ces exigences, c'est NOUS.
C'est au chien de s'adapter à notre quotidien. Et lorsque l'adaptation échoue ou devient trop contraignante, la solution de facilité tombe trop souvent : l'abandon.
Un problème = une solution
Et si nous changions de point de vue ?

Et si nous acceptions que notre chien soit fusionnel avec nous, mais qu'il n'ait aucune envie de se faire caresser par nos amis ? Est-ce que cela le dérange, LUI ? NON.
Respecter son refus, c'est intégrer la notion de consentement, qui est tout aussi fondamentale pour un animal.
La médiation animale (en classe, en EHPAD, etc.) apporte un soutien et un réconfort extraordinaires
. Mais tous les humains aiment-ils le même métier ? Évidemment que non. Il en va de même pour les chiens.
Certains ne sont pas faits pour évoluer au milieu d'enfants bruyants, très en mouvement ou ignorant les règles de respect envers un animal. D'autres ne sont pas armés pour accompagner des personnes âgées, malades ou handicapées, dont les gestes peuvent être imprécis et les émotions lourdes à porter.
Le chien n'est pas un être insensible. En côtoyant l'humain depuis des millénaires, il a appris à nous décoder. Il perçoit nos moindres détails, ressent nos émotions et éponge nos tensions.
Respecter son chien, c'est aussi reconnaître ses limites et l'accepter tel qu'il est.
Bien sûr, certains chiens seront naturellement taillés pour la médiation ou ravis de quémander des caresses à l'infini. Mais pour tous les autres, notre devoir est de leur donner les clés pour vivre à nos côtés en toute sécurité, sans pour autant éteindre leur identité. Apprendre à nos chiens à vivre dans notre monde est indispensable.
Mais ne pas chercher à dénaturer qui ils sont... n'est-ce pas là la plus belle preuve d'amour ?
Je m'appelle Magali Masson et je suis là pour que votre binôme humain-chien puisse avoir une Vie Ô Poil !
